01-04-2025 : Note #11 – perdre de vue
Du refus de la perte à la perte de vue. Se perdre de vue. Pendant que l’autre s’éloigne, il change, on change. L’autre n’existe plus. C’est un autre « autre ». Ce n’est pas l’autre que l’on a connu, ni celui que l’on perd de vue. L’autre devient abstrait, un souvenir figé dans la mémoire, l’autre n’est plus rien qu’une photo jaunie, un objet qui prend la poussière dans une pièce sans lumière. Une rose sèche. Le souvenir d’une simple paire de lunettes posée à côté d’un verre d’eau.
Il y a tellement d’autres dans ma vie. Ils m’abandonnent et s’éloignent. Ils sont parfois morts, parfois encore en vie.
Aujourd’hui, 1er avril, c’est le jour où l’on se colle des poissons dans le dos. C’est également l’anniversaire de mon père qui s’évapore dans les eaux du néant. La vie nous fait des blagues, elle nous colle des poissons dans le dos comme des couteaux.
Je serai aussi un autre, un jour. Je le suis déjà un peu. On est toujours l’autre d’un « autre ».