08-03-2025 : Note #5 – un vent fou et furieux
La hantise d’un téléphone qui grésille et qui déverse la banalité du monde – des petites vies qui traversent le monde. On ne raconte pas grand-chose au téléphone. Insipides lamentations, échec et remise en question, une suite de bavardages creux. Je déteste le téléphone, car il prive de la présence. J’attends pourtant un appel qui serait comme un vent fou et furieux pour mes oreilles et mon cœur boiteux. Un coq domine le clocher. Il montre l’est de son bec, immobile sur son axe — pauvre girouette abandonnée. Ma sonnerie est ancienne et annonce la coupure au premier virage. Je ne t’entends plus, ça coupe. Le silence est un merveilleux compagnon que seule la musique classique peut ombrager. Rouler en silence, maintenant, en regardant sur le bas-côté l’œil brillant d’une biche égarée.